La fondatrice

Le diagnostic

C’est en partant souvent de ce que l’on vit que les nouvelles idées émergent, c’est dans la difficulté que l’on peut puiser des forces insoupçonnées. « On maudit une épreuve, mais on ne sait pas quand elle nous arrive, qu’elle va nous faire grandir et nous emmener ailleurs » écrivait Katherine Pancol.

Egg 315523Parents d’une enfant poly-allergique, nous avons découvert son allergie retardée aux protéines de lait de vache (APLV) à 9 mois, ensuite est venue son allergie sévère à l’œuf, à l’arachide, à la moutarde, à la noix, au saumon, puis tous les graminées et les pollens, les poils de chats et de chiens…

A la sortie de chez le spécialiste, nous repartons avec des préconisations (évictions totales, partielles, changement du régime alimentaire…) et une trousse de secours avec parmi les médicaments : une injection d’adrénaline.

Photo Sandy pour site

Le quotidien et suivant ....

Notre quotidien se transforme, faire les courses devient une chasse poursuite à l’allergène, la traque des étiquettes et ses codes incompréhensibles : contient, peut contenir, traces de…, traces éventuelles de …, fabriqué dans un atelier qui utilise des ….

La cuisine, qui est souvent un lieu de plaisir et de partage, se transforme en bloc opératoire : désinfection, surveillance à outrance, recettes modifiées, nous apprenons à faire des crêpes sans œufs, pour d’autres parents ce sera sans lait, ou encore sans gluten, nous bannissons de notre univers la cacahuète, elle devient notre ennemi numéro 1.

Boy 477013 1280Il est nécessaire d’apprendre à son enfant à être mature avant l’âge, « tu ne peux pas goûter cet aliment », « ne te sers pas tout seul, tu ne sais pas ce qu’il y a dedans », « si tu manges ce gâteau, tu peux te sentir très mal et cela peut être grave ».

Au bout d’un moment, le quotidien reprend le dessus, les nouvelles habitudes se sont bien installées et finalement gérer les allergies fait partie intégrante de la vie. 

Puis arrive le moment où l’on doit apprendre à laisser son enfant à un parent, à un proche, à une assistante maternelle, au sein d’une crèche, à l’école, à la cantine etc… et il faut redémarrer de zéro, expliquer, informer, prévenir, sensibiliser, alerter…

Le niveau d’écoute est différent selon les personnes, selon les âges, selon les croyances… « une madeleine n’a jamais tué personne », « mais ce n’est pas grave, il y en a juste un tout petit peu », « de toutes façons, je vois pas pourqu Child 754263 1920 oi il mettrait de l’œuf là-dedans… »

Avec calme et sérénité (le plus souvent possible), nous essayons d’expliquer que les industriels peuvent cacher beaucoup d’aliments dans des recettes très simples, parce que cet aliment peut simplement être un liant, un conservateur, un exhausteur de goût…

Trousse secours terVient le moment de présenter la trousse de secours à autrui, pour notre cas, sirop antihistaminique à donner avec une pipette, jusque-là tout va bien, corticoïde sous forme de cachet à faire dissoudre, jusque-là tout va bien… injection d’adrénaline… les visages se tendent, la peur se fait sentir. « J’espère que je n’aurai jamais à l’utiliser » est souvent la première réponse. Certes, mais il vaut mieux savoir la faire, s’être entraîné régulièrement que de se poser la question le jour J à la minute M…

En tant que parents, nous devenons naturellement formateurs, porte-parole, prescripteurs… nous conseillons, suggérons, expliquons les allergies et la conduite à tenir au quotidien et en cas d’urgence.

De cette expérience personnelle, j’ai souhaité en faire une vocation, un métier…

De mon vécu, je suis mère d’une petite fille avec des allergies alimentaires, et ceci 24h/24 et 7j/7, j’ai souhaité transmettre aux autres la bonne parole, celle de la bienveillance et de la sécurité.

Sandy Rudewiez

Je suis à présent consultante-formatrice dans le domaine des allergies alimentaires, formée par l’Institut National Scientifique et Technique de la Nutrition et de l’Alimentation, bénévole pour l’AFPRAL, Association Française pour la Prévention des Allergies.